Travail à temps partiel

 


COMMENT EST MIS EN PLACE LE TEMPS PARTIEL ?


Le temps partiel sur décision de l’employeur


Le travail à temps partiel peut être décidé :
  • sur la base d’une convention collective ou d’un accord de branche étendu, ou d’un accord d’établissement
  • ou après avis du comité d’entreprise ou à défaut des délégués du personnel. Leur avis doit être transmis à l’inspecteur du travail dans un délai de 15 jours.
  • en l’absence de représentant du personnel, l’employeur doit simplement en informer l’inspecteur du travail.

Attention :

Le passage d’un temps plein à un temps partiel constitue une modification de son contrat de travail à laquelle le salarié peut s’opposer sans commettre de faute.



Le temps partiel à la demande du salarié


Pour bénéficier d’un emploi à temps partiel, le salarié doit en faire la demande à son employeur au moins 6 mois à l’avance, par courrier recommandé avec accusé de réception. La demande doit préciser la durée du travail souhaitée, et sa date de mise en œuvre.

L’employeur devra répondre par courrier recommandé avec accusé de réception, dans un délai de 3 mois à compter de la réception de la demande. Il ne pourra refuser que s’il justifie de l’absence d’emploi disponible dans la catégorie professionnelle du salarié ou équivalent, ou si le changement aurait des conséquences préjudiciables sur la bonne marche de l’entreprise.

Les salariés à temps plein qui souhaitent passer à temps partiel sont prioritaires lorsqu’un emploi correspondant à leur qualification professionnelle est disponible. L’employeur est tenu de porter à leur connaissance la liste des emplois disponibles.


A noter :

  • Si l’employeur accepte le passage à temps partiel, il sera compétent pour fixer les horaires de travail. Cela relève de son pouvoir de direction.
  • Lorsque le salarié demande un congé parental à temps partiel, l’employeur est tenu de l’accepter.


LE TEMPS PARTIEL POUR LES BESOINS DE LA VIE FAMILIALE


La réduction du temps de travail s’opère ici sous forme d’une ou plusieurs semaines non-travaillées, en raison des besoins de la vie familiale (pendant les vacances scolaires par exemple).

Pendant les périodes travaillées, le salarié est occupé à temps complet, selon l’horaire collectif de l’entreprise.

L’employeur pourra refuser la demande du salarié s’il justifie de motifs objectifs liés aux nécessités de fonctionnement de l’entreprise.

Il convient ici de signer un avenant au contrat de travail, qui précise les périodes non-travaillées. Il peut également prévoir le lissage de la rémunération : le salaire mensuel est fixe. Il est calculé sur une moyenne annuelle, indépendamment du nombre d’heures travaillées.


A noter :

  • L’employeur ne pourra pas modifier les dates des périodes de repos sans l’accord du salarié.
  • Si le salarié travaille plus de 35 heures par semaine, la réglementation des heures supplémentaires doit s’appliquer.



LE CONTRAT DE TRAVAIL A TEMPS PARTIEL


Le contrat de travail à temps partiel peut être à durée déterminée ou indéterminée. Il doit impérativement être écrit. A défaut, il est réputé conclu pour un temps complet.


A noter :

L’employeur peut rapporter la preuve que le contrat est bien à temps partiel, par tous moyens.



Le contrat de travail peut prévoir une période d’essai. Elle se décompte alors en jours calendaires.

Il doit obligatoirement mentionner :
  • la qualification du salarié ;
  • les éléments de la rémunération ;
  • la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue ;
  • la répartition de la durée du travail entre les jours de la semaine ou les semaines du mois ;
  • les cas dans lesquels cette répartition peut être modifiée et la nature de la modification ;
  • les limites concernant l’accomplissement d’heures complémentaires ;
  • les modalités de communication, par écrit, des horaires de travail pour chaque journée travaillée.


A noter :

La mention relative à la répartition de la durée du travail ne concerne pas les salariés des associations et entreprises d’aide à domicile, pour lesquels les variations d’horaires sont importantes.



La modification des horaires de travail


Le contrat de travail doit prévoir les cas dans lesquels la répartition de la durée du travail peut être modifiée, et la nature de cette modification. Cette mention doit être suffisamment précise.


Exemple : la clause du contrat accordant à l’employeur le pouvoir de modifier la répartition des horaires en fonction des nécessités du service est considérée comme insuffisante par les juges.



La modification devra être notifiée au salarié au moins 7 jours à l’avance. La convention collective applicable peut prévoir un délai différent, mais qui ne peut pas être inférieur à 3 jours ouvrés, et des contreparties accordées au salarié lorsque le délai est réduit.


Attention :

  • Une modification des horaires de travail sans respect de ce délai de prévenance sera considérée comme un licenciement injustifié.
  • De même, le refus d’une modification intervenant en dehors des cas prévus par le contrat ne pourra pas justifier un licenciement.



Le salarié peut refuser la modification de ses horaires de travail, même si celle-ci est prévue par le contrat, si ce changement n’est pas compatible :
  • avec des obligations familiales impérieuses
  • avec le suivi d’un enseignement scolaire ou supérieur
  • avec une période d’activité chez un autre employeur ou une activité professionnelle non salariée.

A noter :

A défaut de clause expresse contractuelle fixant un horaire de travail quotidien, le changement de l'horaire de la journée de travail d'un salarié à temps partiel relève en principe du pouvoir de direction de l'employeur. Le salarié ne peut donc pas s’y opposer.


LES HEURES COMPLEMENTAIRES



Que sont les heures complémentaires ?


Les salariés à temps partiel ne font pas d’heures supplémentaires, mais des heures complémentaires. Ce sont toutes les heures effectuées entre leur durée hebdomadaire du travail et 35 heures.

Les heures complémentaires doivent être demandées par l’employeur au moins 3 jours à l’avance. A défaut, le salarié est fondé à refuser de les effectuer sans encourir de sanction.

Si ce délai est respecté, il ne peut pas refuser d'effectuer des heures complémentaires, au risque de commettre une faute (voire une faute grave).

Si cette demande est régulière (au moins 2 heures complémentaires par semaine pendant 12 semaines consécutives ou au cours d’une période de 15 semaines), on considère qu'il s'agit alors d'une modification du contrat de travail. Celui-ci est modifié, sous réserve d’un préavis de 7 jours, et sauf opposition du salarié.


Combien d’heures complémentaires le salarié peut-il effectuer ?


Le contrat de travail doit déterminer le nombre d’heures complémentaires que l’employeur peut demander au salarié. Ce nombre ne peut pas être supérieur à 1/10 de la durée du travail.  Cette limite peut être portée au 1/3 de la durée du contrat par la convention collective applicable dans l’entreprise.

Les heures complémentaires ne doivent pas faire travailler le salarié à temps partiel plus de 35 heures par semaine.


La rémunération des heures complémentaires


Les heures complémentaires effectuées dans la limite du 1/10 ne donnent pas lieu à majoration de salaire. Elles sont payées au taux normal.

Seules les heures effectuées entre 1/10 et 1/3 sont majorées (25 %). Ce paiement ne peut pas être remplacé par un repos compensateur.


Attention :

Si le salarié effectue des heures complémentaires au-delà des limites prévues (1/10 ou 1/3 selon le cas), elles seront payées au taux normal, sans majoration de salaire. Mais il pourra alors prétendre au versement de dommages et intérêts.

LE STATUT DU SALARIE A TEMPS PARTIEL


Le Code du travail pose un principe d’égalité des droits entre les salariés à temps partiel et les salariés à temps complet.

Les salariés à temps partiel bénéficient des dispositions de la convention collective applicable dans l’entreprise.

L’ancienneté est décomptée comme si le salarié avait travaillé à temps complet.

Les horaires de travail des salariés à temps partiel ne peuvent pas comporter, au cours d’une même journée, plus d’une interruption d’activité ou une interruption supérieure à 2 heures. Sauf si une convention, un accord collectif de branche étendu (ou agréé dans le secteur social et médico-social) ou un accord d’entreprise ou d’établissement le prévoit expressément. Le salarié doit alors recevoir des contreparties spécifiques.


Attention :

Ne pas confondre la pause et l’interruption. La première permet un repos, alors que la seconde résulte de l’organisation des horaires de travail.



Les congés


Les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes droits aux congés payés que les salariés à temps complet, soit 30 jours ouvrables par an.

Le décompte des congés se fait en principe en jours ouvrables (tous les jours sauf dimanches et jours fériés). Il débute le premier jour où le salarié aurait du reprendre le travail, et se termine le dernier jour ouvrable précédant la reprise du travail.


Exemple : un salarié travaille du lundi au mercredi. Il part en congé le mercredi soir, pour une semaine et demi, et reprend le lundi suivant.
Le décompte commence le 1er jour où il aurait du travailler, soit le lundi. Il prend fin le dernier jour ouvrable précédant la reprise du travail, soit le samedi.
Ce salarié aura donc pris 6 jours de congés (lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi). Peu importe qu’il ne travaille pas certains de ces jours.



L’indemnité de congés payés est également calculée comme pour les salariés à temps complet. Il existe 2 formules pour calculer son montant, sachant que l'on retient la plus avantageuse :
  • La méthode du 10ème : par cette règle, l'indemnité est égale au dixième de la rémunération totale perçue au cours de l'année de référence écoulée (c’est-à-dire, en général, les salaires cumulés du 1er juin au 31 mai). Ce calcul est valable pour 30 jours de congés. Pour un nombre inférieur de jours, le montant obtenu doit être réduit proportionnellement.
  • La méthode du maintien du salaire : l'indemnité est ici égale à la rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé.


A noter :

Les salariés à temps partiel bénéficient des congés pour événements familiaux.



La rupture du contrat


Lorsqu’un salarié a travaillé successivement à temps plein et à temps partiel, son indemnité de licenciement ou de départ à la retraite sera calculée proportionnellement aux périodes d’emploi à temps partiel et à temps plein.

Les conventions collectives accordent dans la plupart des cas des heures libres pour recherche d’emploi en cours de préavis. Les salariés ont droit à ces heures, au même titre que les salariés à temps plein.
Et ce même si, par définition, ils disposent de temps libre.


La rémunération


La rémunération des salariés à temps partiel doit être équivalente à celle des salariés à temps complet, proportionnellement à leur temps de travail.

Les salariés à temps partiel bénéficient des avantages conventionnels, en appliquant cette même règle de proportionnalité.


A noter :

  • Les heures complémentaires sont un élément du salaire de base et sont donc prises en compte pour le calcul des primes et gratifications.
  • Le régime des heures d’équivalence ne peut pas concerner les salariés à temps partiel.


Les salariés à temps partiel ne pourront bénéficier des tickets-restaurants que si leur horaire de travail est coupé par une pause à l’heure du déjeuner.


La prise en compte dans les effectifs de l’entreprise


Les salariés à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur durée du travail. On procède en divisant la somme totale des horaires des salariés à temps partiel par la durée légale ou conventionnelle du travail.


Exemple : un salarié travaille 20 heures par semaine dans une entreprise pratiquant les 35 heures. Il sera décompté pour 20 / 35 = 0,57 salarié.




Mise à jour : novembre 2005