DEFINITION DU STAGE
Définition
Le stage correspond à une expérience pratique en entreprise,
destinée à compléter la formation théorique acquise ou en cours
d’acquisition.
La finalité du stage s’inscrit dans un projet pédagogique et n’a de sens que par rapport à ce projet. Dès lors le stage :
- permet la mise en pratique des connaissances en milieu professionnel ;
- facilite le passage du monde de l’enseignement supérieur à celui de l’entreprise.
Le stage s’effectue dans le cadre d’une convention de stage, et
non d’un contrat de travail. Cependant, la limite entre ces deux types
de contrats est parfois mince.
La Cour de cassation décide que «
l'accomplissement de tâches professionnelles sous l'autorité de
l'entreprise d'accueil n'est pas de nature à exclure la mise en oeuvre
d'une convention de stage en entreprise ».
Les juges devront
examiner le contenu de la convention de stage. Celle-ci doit comporter
la formation du jeune accueilli en entreprise. A défaut, l’employeur
s’expose à la requalification de la convention de stage en contrat de
travail à durée indéterminée.
Une charte des stages
étudiants en entreprise a été adoptée le 26 avril 2006. Elle rappelle
que « les stages ont une finalité pédagogique, ce qui signifie qu’il ne
peut y avoir de stage hors parcours pédagogique. En aucun cas un stage
ne peut être considéré comme un emploi. »
Cette charte concerne tous les stages d’étudiants en entreprise.
A noter
- Les périodes en convention de stage ne sont pas prises en compte pour le calcul de l’ancienneté dans l’entreprise.
- Le stagiaire n’étant pas un salarié, il n’a aucun droit aux congés payés.
Dans le cadre de leur scolarité, certains élèves
ou étudiants ont l’obligation de suivre un stage. D’autres effectueront
un stage en dehors de toute obligation scolaire ou universitaire. Le
stage sera considéré comme obligatoire s’il s’inscrit dans le
cadre de la scolarité, et est nécessaire pour l’obtention du diplôme.
A noter
- Avant 1986, une durée de 3 mois était prévue pour les stages obligatoires. Cette référence a été supprimée.
- En
revanche, la loi sur l’égalité des chances a apporté une nouvelle
limite : les stages qui ne sont pas intégrés dans un cursus pédagogique
ne peuvent pas excéder 6 mois.
Le projet de stage doit faire l’objet d’une concertation
entre l’étudiant, un enseignant et un membre de l’entreprise. Ce projet
est formalisé dans la convention de stage.
Encadrement
Le stage fait l’objet d’un double encadrement par :
- un enseignant
- un membre de l’entreprise.
Ces 2 personnes travaillent en collaboration. Elles devront
échanger les informations nécessaires avant, pendant et après le stage.
Elles sont informés et s’informent sur l’état d’avancement du stage et
les difficultés éventuelles.
L’enseignant est responsable de l’articulation entre la formation et le stage.
Le temps consacré à cet encadrement doit être pris en compte par les employeurs respectifs.
Evaluation
Le stagiaire est évalué par les 2 personnes chargées de son
encadrement. Chaque établissement d’enseignement décide de la valeur
qu’il accorde aux stages prévus dans le cursus scolaire ou
universitaire.
Les modalités de l’évaluation devront figurer dans la convention de stage.
L’évaluation
est portée dans une « fiche d’évaluation » qui, avec la convention,
constitue le « dossier de stage ». Ce dossier de stage est conservé par
l’établissement d’enseignement.
Les signataires de la convention sont invités à formuler une appréciation sur la qualité du stage.
CONVENTION DE STAGE
La loi sur l’égalité des chances impose d’établir une
convention de stage entre le stagiaire, l’entreprise d’accueil et
l’établissement d’enseignement. Elle précise les obligations de
chacune des parties durant le stage.
La convention de stage doit être signée par l’étudiant, l’entreprise et l’établissement d’enseignement pour être valable.
Contenu de la convention de stage
La convention doit se découper en 4 parties :
Les parties
1 - Nom et adresse de l’établissement d’enseignement supérieur, et son représentant
2 - Nom et adresse de l’entreprise, son représentant, et adresse et désignation du service de déroulement du stage
3 - Nom et adresse de l’étudiant(e), et intitulé de son cursus
Projet pédagogique et contenu du stage
1 - Le projet pédagogique, les objectifs et finalités attendus du stage
2 - Contenu du stage, activités confiées au stagiaire
Modalités du stage
1 - Déroulement (dont l’organisation du temps)
2 - Cas particuliers (travail de nuit, lors des dimanches ou des jours fériés)
3 - Durée et dates de stage (en fonction des dispositions législatives et des dispositions réglementaires
applicables au cursus suivi, des objectifs du stage, et de la logique des enseignements)
4 - Accueil et encadrement, noms et fonctions des responsables du stage :
- au sein de l’établissement d’enseignement supérieur ;
- au sein de l’entreprise.
5 - Gratification et avantages (en fonction des dispositions législatives et règlementaires en vigueur, des
conventions de branches ou des accords professionnels étendus)
6 - Protection sociale, responsabilité civile
7 - Discipline, confidentialité (règlement intérieur de l’entreprise et ses règles de confidentialité)
8 - Absence
9 - Interruption, rupture
Evaluation du stage
A noter
Le décret n° 2006-1093 du 29 août 2006 vient de
préciser le contenu des conventions de stage. La convention doit
comporter les mentions suivantes :
v La définition des activités confiées au stagiaire en fonction des objectifs de formation ;
v Les dates de début et de fin du stage ;
v
La durée hebdomadaire maximale de présence du stagiaire dans
l'entreprise. La présence, le cas échéant, du stagiaire dans
l'entreprise la nuit, le dimanche ou un jour férié doit être indiquée ;
v Le montant de la gratification versée au stagiaire et les modalités de son versement ;
v
La liste des avantages offerts, le cas échéant, par l'entreprise
au stagiaire, notamment en ce qui concerne sa restauration, son
hébergement ou le remboursement des frais qu'il a engagés pour
effectuer son stage ;
v Le régime de
protection sociale dont bénéficie le stagiaire, y compris la protection
en cas d'accident du travail ainsi que, le cas échéant, l'obligation
faite au stagiaire de justifier d'une assurance couvrant sa
responsabilité civile ;
v Les conditions dans
lesquelles les responsables du stage, l'un représentant
l'établissement, l'autre l'entreprise, assurent l'encadrement du
stagiaire ;
v Les conditions de délivrance
d'une « attestation de stage » et, le cas échéant, les modalités de
validation du stage pour l'obtention du diplôme préparé ;
v Les modalités de suspension et de résiliation du stage ;
v
Les conditions dans lesquelles le stagiaire est autorisé à
s'absenter, notamment dans le cadre d'obligations attestées par
l'établissement d'enseignement ;
v Les clauses du règlement intérieur de l'entreprise applicables au stagiaire, lorsqu'il existe.
Engagements des parties
L’étudiant
Vis à vis de l’entreprise, il s’engage à :
- réaliser sa mission et être disponible pour les tâches qui lui sont confiées ;
- respecter les règles de l'entreprise ainsi que ses codes et sa culture ;
- respecter les exigences de confidentialité fixées par l’entreprise ;
- rédiger,
lorsqu’il est exigé, le rapport ou le mémoire dans les délais prévus ;
ce document devra être présenté aux responsables de l'entreprise avant
d’être soutenu (si le contenu le nécessite, le mémoire pourra, à la
demande de l'entreprise, rester confidentiel).
Vis à vis de son établissement d’enseignement, il s’engage à fournir une appréciation de la qualité de son stage.
L’entreprise
Vis à vis de l’étudiant, elle s’engage à :
- proposer un stage s’inscrivant dans le projet pédagogique défini par l’établissement d’enseignement ;
- accueillir l’étudiant et lui donner les moyens de réussir sa mission ;
- désigner un responsable de stage ou une équipe tutorale dont la tâche sera de :
- guider et conseiller l’étudiant ;
- l’informer sur les règles, les codes et la culture de l’entreprise ;
- favoriser son intégration au sein de l'entreprise et l'accès aux informations nécessaires;
- l’aider dans l’acquisition des compétences nécessaires ;
- assurer un suivi régulier de ses travaux ;
- évaluer la qualité du travail effectué ;
- le conseiller sur son projet professionnel ;
- rédiger
une attestation de stage décrivant les missions effectuées qui pourra
accompagner les futurs curriculum vitæ de l’étudiant.
L’établissement d’enseignement
Vis à vis de l’étudiant, il s’engage à :
- définir les objectifs du stage et s’assurer que le stage proposé y répond ;
- accompagner l’étudiant dans la recherche de stage ;
- préparer l’étudiant au stage ;
- assurer
le suivi de l’étudiant pendant la durée de son stage, en lui affectant
un enseignant qui veillera au bon déroulement du stage ; mettre à la
disposition de ce dernier les outils nécessaires à l’appréciation de la
qualité du stage par l’étudiant ;
- pour les formations
supérieures qui l'exigent, le guider et le conseiller dans la
réalisation de son rapport de stage ou de son mémoire et organiser la
soutenance en permettant à un représentant de l'entreprise d'y
participer.
A noter
L’entreprise et l’établissement d’enseignement
s’engagent à respecter leurs règles respectives de confidentialité et
de déontologie.
Rupture du stage
Il est impossible de rompre la convention de stage
avant son terme. En cas de difficultés, il est recommandé de solliciter
un entretien avec le maître de stage. Si le litige persiste, il faut
alors se tourner vers l’établissement d’enseignement. Lui seul peut
mettre fin au stage si aucune solution n’est trouvée.
Attention
L’entreprise pourra toutefois rompre le stage si
le jeune ne respecte pas ses obligations (retards fréquents,
manquements aux consignes de sécurité…)
REMUNERATION DU STAGIAIRE
La loi pour l’égalité des chances prévoit que pour tout stage
supérieur à 3 mois consécutifs, l’entreprise doit verser une
gratification. Son montant est prévu par convention de branche ou
accord professionnel étendu, ou à défaut par décret.
Ces indemnités n’ont pas la nature d’un salaire.
A noter
Un décret est en cours d’adoption, qui prévoit une
exonération de cotisations patronales de sécurité sociale, à hauteur de
360 €.
PROTECTION CONTRE LES ACCIDENTS DU TRAVAIL
Les élèves des établissements d’enseignement énumérés par
le Code de la sécurité sociale bénéficient d’une protection contre les
accidents du travail.
Il s’agit :
- des étudiants ou élèves des établissements d'enseignement
technique pour les accidents survenus au cours de cet enseignement
ainsi que par le fait ou à l'occasion des stages auxquels il donne lieu
;
A noter
Sont concernés les élèves et étudiants des classes
et établissements publics et privés de l'enseignement technique
suivants, placés sous le contrôle du ministre chargé de l'éducation
nationale:
- sections d'éducation spécialisée des collèges et écoles nationales de perfectionnement ;
- classes
pré-professionnelles de niveau, classes préparatoires à l'apprentissage
et autres classes des lycées d'enseignement professionnel ;
- lycées
techniques : classes de seconde spécifique, de seconde spéciale,
enseignements technologiques spécialisés de la classe de seconde ;
classes de première et terminale préparant au brevet et au baccalauréat
de technicien ; sections préparant au brevet de technicien supérieur ;
autres classes technologiques postérieures au baccalauréat ; sections
techniques des lycées polyvalents ;
- sections assurant des formations complémentaires d'initiative locale ;
- instituts
universitaires de technologie ; écoles et instituts nationaux délivrant
un diplôme d'ingénieur : écoles nationales d'ingénieurs, écoles
nationales supérieures d'ingénieurs, instituts nationaux de sciences
appliquées et instituts nationaux polytechniques, université
technologique de Compiègne, Conservatoire national des arts et métiers
et ses centres associés ;
- classes et établissements
secondaires ou supérieurs assurant un enseignement sanctionné par les
diplômes auxquels préparent les établissements ou classes mentionnés
ci-dessus.
- des élèves des établissements d'enseignements secondaire
ou d'enseignement spécialisé et les étudiants autres que ceux qui sont
mentionnés ci-dessus pour les accidents survenus au cours
d'enseignements dispensés en ateliers ou en laboratoires ainsi que par
le fait ou à l'occasion des stages effectués dans le cadre de leur
scolarité ou de leurs études ;
A noter
Sont concernés les élèves et étudiants des classes ou établissements :
- classes du premier cycle et du second cycle des
établissements publics ou privés régulièrement déclarés de
l'enseignement secondaire ;
- classes ou établissements
publics ou privés régulièrement déclarés de l'enseignement supérieur ou
de l'enseignement spécialisé placé sous le contrôle pédagogique de
l'Etat ou des collectivités territoriales ;
- classes ou
établissements publics ou privés d'enseignement professionnel pour
handicapés : instituts médico - professionnels, Institut national des
jeunes sourds, Institut national des jeunes aveugles ;
- classes
ou établissements publics ou privés régulièrement déclarés,
préparatoires à un diplôme d'activités physiques et sportives.
Lorsque le stage n’est pas obligatoire, le jeune peut malgré tout être couvert par son établissement d’enseignement.
Si
ce n’est pas le cas, l’employeur devra verser des cotisations sociales
patronales à hauteur de 25 % du SMIC en vigueur au 1er janvier de
l’année civile en cours.
A noter
Le stagiaire peut informer son assurance s’il se
rend à son stage avec son véhicule personnel. Cela pourra permettre
d’éviter toute contestation en cas d’accident de trajet.
Lorsque le stagiaire n’est pas couvert au titre des
accidents du travail, il peut contracter une assurance volontaire pour
ce risque. Il doit présenter sa demande auprès de sa CPAM. Il
bénéficiera ainsi du remboursement de ses soins en cas d’accident du
travail (en revanche, il ne percevra aucune indemnités journalières de
sécurité sociale).
Pour ce qui est de l’assurance maladie,
le stagiaire, étant toujours étudiant, reste affilié au régime
étudiant. Il bénéficie à ce titre du remboursement de leurs frais
médicaux. En revanche, il ne perçoit aucune indemnité journalière de
sécurité sociale en cas d’arrêt maladie.
A noter
En cas d’arrêt maladie, le stagiaire devra informer
rapidement son entreprise d’accueil, et justifier son absence. A
défaut, celle-ci pourra être considérée comme fautive et justifier la
rupture de la convention de stage.
Le stagiaire sera tenu de souscrire une assurance
responsabilité civile, qui le couvrira s’il est responsable d’un
accident à l’égard d’un tiers.
Mise à jour : septembre 2006