Période de professionnalisation

 

Qui peut bénéficier d'une période de professionnalisation ?



Bénéficiaires



Les périodes de professionnalisation s'adressent aux salariés qui sont déjà dans l'entreprise.

Elles sont ouvertes :
  • Aux salariés dont la qualification est insuffisante au regard de l'évolution des technologies et de l'organisation du travail ;
  • Aux salariés qui comptent 20 ans d'activité professionnelle, ou âgés d'au moins 45 ans et disposant d'une ancienneté minimum d'un an de présence dans la dernière entreprise qui les emploie ;
  • Aux salariés qui envisagent la création ou la reprise d'une entreprise ;
  • Aux femmes qui reprennent leur activité professionnelle après un congé de maternité ou aux hommes et aux femmes après un congé parental ;
  • Aux bénéficiaires de l'obligation d'emploi (travailleurs handicapés, victimes d'accident du travail ou de maladie professionnelle, invalides...).


A noter

L'accord national interprofessionnel relatif à l'emploi des seniors rappelle que la période de professionnalisation contribue au maintien dans l'emploi des salariés de plus de 45 ans et les motive dans la définition de leur seconde partie de carrière.

Ils accèdent donc en priorité aux périodes de professionnalisation.

Les accords de branche et d'entreprise se fixent, en fonction des besoins des entreprises et des personnes concernées, les objectifs à atteindre.



Absences simultanées



La loi limite le nombre de salariés qui peuvent être absents de l'entreprise en même temps au titre de la période de professionnalisation.

Ce nombre ne peut pas dépasser 2 % de l'effectif total de l'entreprise, sauf accord de l'employeur.

Si l'entreprise compte moins de 50 salariés, l'employeur peut reporter la période de professionnalisation si elle aboutit à l'absence simultanée d'au moins 2 salariés à ce titre.


A noter

Dans les autres cas, la loi ne précise pas les conséquences si le quota est atteint. On ne sait donc pas si l'employeur peut refuser ou reporter la période de professionnalisation, ni quand le salarié peut formuler une nouvelle demande.



Mise en oeuvre de la période de professionnalisation



Formations concernées



Les accords de branche définissent les qualifications accessibles par la période de professionnalisation.

La période de professionnalisation permet 2 types d'actions :
  • Soit acquérir une qualification correspondant aux besoins de l'économie prévisibles à court ou moyen terme :
    • soit enregistrée dans le répertoire national des certifications professionnelles ;
    • soit reconnue dans les classifications d'une convention collective nationale de branche ;
    • soit figurant sur une liste établie par la commission paritaire nationale de l'emploi d'une branche professionnelle.
  • Soit suivre une formation dont l'objectif est défini par la commission paritaire nationale de l'emploi de la branche professionnelle dont relève l'entreprise. Une convention ou un accord collectif détermine les qualifications accessibles au titre de la période de professionnalisation.


Déroulement de la formation



Les actions de formation peuvent se dérouler pendant ou en dehors du temps de travail.

Dans les 2 cas, l'employeur définit avec le salarié avant son départ en formation la nature des engagements pris par l'entreprise s'il suit la formation avec assiduité et la réussit.


La formation peut se dérouler en dehors du temps de travail, à l'initiative :
  • du salarié, dans le cadre du droit individuel à la formation (DIF)
  • ou de l'employeur, après accord écrit du salarié.

Par accord écrit entre le salarié et l'employeur, la formation peut dépasser le montant des droits acquis par le salarié au titre du DIF, dans la limite de 80 heures par année civile.

Dans ce cas, l'entreprise définit avec le salarié avant son départ en formation la nature des engagements qu'elle prend s'il réussit la formation. Elle s'engage à ce que le salarié accède en priorité, dans un délai d'un an à l'issue de la formation, à un poste et une classification correspondant aux connaissances acquises.


A noter

Pendant sa formation, le salarié est couvert au titre des accidents du travail et maladies professionnelles.



Rémunération



Lorsque la formation a lieu pendant le temps de travail, le salarié perçoit sa rémunération habituelle.

Les heures de formation effectuées en dehors du temps de travail ouvrent droit à une allocation de formation égale à 50 % du salaire net.

Le salaire servant de base au calcul de cette allocation est celui versé au cours des 12 derniers mois précédant le début de la formation.

L'allocation de formation est versée au plus tard à la date normale de la paie du mois suivant.


A noter

  • Cette allocation n'est pas soumise à charges sociales, ni à CSG et CRDS.
  • Elle est imputable par l'employeur sur sa participation au développement de la formation professionnelle.
  • Lorsque le salarié engage des frais supplémentaires de garde d'enfant pour suivre la formation hors temps de travail, l'allocation est majorée d'au moins 10 %. Cette possibilité doit être prévue par accord de branche.



Tutorat



Désignation d'un tuteur


L'employeur peut choisir un tuteur parmi les salariés qualifiés de l'entreprise pour encadrer le salarié en période de professionnalisation.

La personne choisie pour être tuteur doit être volontaire et justifier d'une expérience professionnelle d'au moins 2 ans dans une qualification en rapport avec l'objectif de professionnalisation visé.

L'employeur peut aussi assurer lui-même le tutorat s'il remplit les conditions de qualification et d'expérience.

Missions du tuteur


Le tuteur a pour mission d'accueillir, d'aider, d'informer et de guider le bénéficiaire de la période de professionnalisation pendant la durée de la formation et de veiller au respect de son emploi du temps.

Il assure la liaison avec l'organisme de formation et participe à l'évaluation du suivi de la formation.

L'employeur lui permet de disposer du temps nécessaire pour exercer ses fonctions et se former.

Lorsqu'il est salarié, le tuteur ne peut exercer simultanément ses fonctions à l'égard de plus de 3 salariés bénéficiaires de contrats de professionnalisation ou d'apprentissage ou de périodes de professionnalisation.

L'employeur ne peut assurer simultanément le tutorat à l'égard de plus de 2 salariés bénéficiaires de  contrats ou de périodes de professionnalisation.


Prise en charge financière de la période de professionnalisation


Prise en charge de la formation



La convention collective ou un accord collectif de branche peuvent fixer un forfait horaire de prise en charge. Ce forfait peut également résulter d'un accord conclu entre les syndicats d'employeurs et de salariés.

Sinon, la prise en charge se fait sur la base de 9,15 € / heure.


A noter

Si la dépense exposée par l'employeur dépasse le forfait fixé, elle sera imputée sur sa participation au financement de la formation professionnelle continue.


Prise en charge du tutorat



Lorsqu'un salarié ou un employeur de moins de 10 salariés bénéficie d'une action de formation en qualité de tuteur, les dépenses exposées sont prises en charge par l'OPCA dans la limite de 15 € / heure de formation et pour une durée maximale de 40 heures.

Ces dépenses comprennent les frais pédagogiques, les rémunérations, les cotisations et contributions sociales légales et conventionnelles ainsi que les frais de transport et d'hébergement.


La prise en charge peut également concerner les dépenses liées à l'exercice du tutorat, dans la limite de 230 € par mois et par bénéficiaire, pour une durée maximale de 6 mois.

Les dépenses prises en charge ici comprennent les rémunérations et cotisations et contributions sociales légales et conventionnelles ainsi que les frais de transport.



Mise à jour : octobre 2006