POURQUOI NEGOCIER LA RUPTURE DE SON CONTRAT ?
Cela peut
permettre au salarié d'éviter la « mauvaise image » du licenciement. Mais la
rupture négociée est parfois prévue par la loi elle-même.
Exemple : contrat
d'apprentissage, contrat à durée déterminée, contrat de travail temporaire.
Pour tous ces contrats, la démission est impossible. Si le salarié
veut quitter l'entreprise avant le terme du contrat, il devra négocier ce départ
avec son employeur.
COMMENT NEGOCIER LA RUPTURE DE SON CONTRAT ?
Les situations dans lesquelles cet accord est possible
Un salarié
ne peut négocier son départ :
- s'il est représentant du personnel,
- s'il a été déclaré inapte par le médecin du travail,
- s'il est arrêté à la suite d'un accident du travail ou d'une maladie
professionnelle,
- s'il est en congé maternité.
Dans tous les autres cas, la
rupture peut être négociée, quelque soit la nature du contrat de travail (CDD,
CDI, contrat d'apprentissage.), quelque soit le motif de la rupture (raison
personnelle, motif économique.).
Les conditions de validité de l'accord
Le Code du travail admet
le principe de cette rupture négociée (article L 122-3-8). Il est toutefois plus
courant de se référer au Code civil, et plus précisément à son article 1134, qui
prévoit que les contrats peuvent être révoqués par consentement
mutuel.
Le consentement doit évidemment être libre, clair et non
équivoque.
De plus, il ne doit y avoir aucun conflit entre employeur et
salarié, car il s'agirait alors d'une transaction que les juges considèrent ici
comme illégale.
Pour plus
d'informations sur la transaction, reportez-vous à notre synthèse « La
transaction ».
Le départ négocié peut intervenir à tout moment :
aussi bien en cours d'action prud'homale que dans le cadre d'une procédure de
licenciement, à la demande expresse du salarié.
La Cour de cassation
considère qu'il s'agit d'un mode spécifique de rupture. Dès lors, aucune
procédure particulière n'est à respecter. De même, aucun préavis n'est
dû.
Toutefois, les parties peuvent convenir, dans le cadre de leurs
négociations, du respect d'un préavis et/ou du versement d'une indemnité de
départ.
Attention :
- Lorsque la rupture s'inscrit dans le cadre d'un plan de sauvegarde de
l'emploi, la procédure applicable au licenciement pour motif économique doit
être respectée. Le salarié a alors droit à l'indemnité légale ou
conventionnelle de licenciement.
- Le départ négocié ne peut pas intervenir après un licenciement. Par
définition, le contrat de travail du salarié licencié est déjà rompu. Dès
lors, il est impossible de le rompre une seconde fois.
Au niveau de la forme, l'accord peut être simplement
oral. Toutefois pour prévenir tout litige éventuel, il est conseillé de rédiger
un écrit en double exemplaire avec double signature. Cet écrit prévoira les
conditions du départ (durée du préavis éventuel, indemnité versée au salarié le
cas échéant.).
QUELLES SERONT LES CONSEQUENCES DE CET ACCORD ?
Est-il possible de contester cet accord ?
Une fois signée, cette
convention de rupture est irrévocable. Elle s'impose au salarié, à l'employeur,
ainsi qu'au juge. Tous devront respecter chacun des points convenus et seront
liés définitivement par cet accord, sauf :
- Si le salarié prouve au juge que son consentement n'était pas libre, mais
résultait d'une erreur, ou qu'il a été provoqué par la violence de son
employeur ou par ses manouvres dolosives.
Attention :
Il s'agit d'une preuve difficile à apporter.
- Si les engagements de l'accord n'ont pas été respectés.
Dans ces 2 situations seulement, le Conseil des
prud'hommes pourra annuler ou résoudre l'accord. La rupture sera alors
requalifiée de licenciement, et le salarié pourra recevoir des indemnités de
préavis et de licenciement, voire même des dommages et intérêts si cette rupture
n'a pas de motif suffisant.
A noter :
Le délai pour demander la nullité du départ négocié est de 5
ans.
Le salarié va-t-il avoir droit aux allocations de chômage ?
Pour
recevoir les allocations chômage, il faut en principe avoir été involontairement
privé de son emploi. Négocier son départ ôte donc le droit à ces allocations.
Il faut toutefois nuancer et distinguer le motif de cette rupture :
- Si cette rupture fait suite à des motifs économiques propres à
l'entreprise, une circulaire de l'UNEDIC recommande à l'Assedic d'indemniser
le salarié qui a accepté de négocier son départ. Il sera assimilé à un salarié
licencié pour motif économique.
- Si cette rupture est fondée sur des raisons personnelles, le salarié doit
attendre 4 mois avant de pouvoir demander à l'Assedic d'examiner son dossier.
Il devra alors prouver qu'il a recherché activement un nouvel emploi durant
cette période de chômage.
A noter :
Le délai de 4 mois cours dès le lendemain du dernier jour de
travail. Il est allongé des périodes indemnisées par des indemnités journalières
de sécurité sociale, à condition que celles-ci aient duré au moins 21 jours
consécutifs.
Les indemnités versées dans le cadre d'un départ négocié sont-elles soumises
à cotisations sociales et imposables ?
Lorsque le départ négocié
intervient dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (ex-plan social),
les indemnités versées sont exonérées de charges sociales et d'impôt sur le
revenu.
Les indemnités seront soumises à charges sociales et imposables
:
- lorsque le départ négocié a lieu pour un motif économique, mais hors plan
social
- lorsque le départ négocié intervient pour un motif autre qu'économique.
Mise à jour : janvier 2007