QUAND A-T-ON DROIT A DES CONGES PAYES ?
Tout salarié a
droit à un congé annuel dès l'instant où il a travaillé effectivement au moins
un mois chez le même employeur pendant la période de référence.
Un mois de travail effectif chez le même employeur
On retiendra ici
le mode de calcul le plus favorable pour le salarié :
- un mois entier de travail de date à date
Exemple : du 23 août
au 23 septembre
- ou 4 semaines complètes qui ne se suivent pas nécessairement
Exemple : 1 semaine en
juillet, 1 en septembre et 2 en octobre
- ou 24 jours, 22 jours ou 20 jours de travail qui ne se suivent pas
nécessairement (selon la répartition de la durée du travail dans la semaine)
Exemple : 3 jours en
août, 11 en septembre et 10 en octobre
A noter :
L’équivalence de 24 jours correspond à un horaire de travail
réparti sur 6 jours. Pour un horaire réparti sur 5 jours ou 5 jours ½, on
comptera 20 ou 22 jours.
Attention :
Les périodes assimilées par la loi à du travail effectif
(voir ci-dessous) ne sont pas prises en
compte dans l’appréciation du mois de travail exigé pour l’ouverture du droit à
congé.
Au cours de la période de référence
La période de référence
peut être fixée par la convention ou un accord collectif prévoyant une
modulation ou une réduction du temps de travail par l’attribution de jours de
repos (conclu au niveau de la branche et étendu ou conclu au niveau de
l'entreprise).
A défaut, il s'agit de la période qui va du 1er juin au
31 mai de l'année suivante.
A noter :
Dans certaines professions (BTP, spectacle...), l'employeur
doit s'affilier à une caisse de congés payés. Dans ce cas, l'année de référence
va du 1er avril au 31 mars.
Exemple : un salarié
embauché le 20 mai 2005, mais dont le contrat est rompu le 25 juin 2005, n’a
acquis aucun congé. En effet, il n’a pas travaillé un mois au cours de la
période de référence.
COMMENT CALCULER LA DUREE DES CONGES ?
Une fois le
droit aux congés ouvert, le salarié peut en calculer sa durée. Pour cela, la loi
a prévu une série de règles plus ou moins complexes.
Chaque mois (1 mois,
4 semaines ou 24 jours) travaillé effectivement (ou assimilé par la loi) donne
droit à 2,5 jours ouvrables de congés. Pour 12 mois de travail effectif, cela
fait donc 30 jours ouvrables de congés. Si le calcul n'aboutit pas à un nombre
entier, on arrondit au chiffre entier supérieur.
Exemple : Le salarié a
travaillé les mois de juin et juillet, seulement 16 jours en août (car arrêt
maladie), 5 en septembre, puis a pris 4 jours de RTT avant de démissionner.
Cela donne : 2,5 + 2,5 (juin et juillet) + 2,5 (25 jours de travail effectif
en août et septembre), soit 7,5 jours (arrondis à 8 jours ouvrables de
congés)
A noter :
Les salariés à temps partiel bénéficient du même droit à congé
que les salariés à temps complet. Seule leur indemnité de congés payés sera
proportionnelle à leur durée du travail (voir
ci-dessous).
Certaines périodes sont assimilées par la
loi à du travail effectif :
- congés payés de l'année précédente,
- repos compensateur pour heures supplémentaires,
- jours de RTT,
- arrêt de travail suite à un accident du travail, ou une maladie
professionnelle,
- congé de maternité.
Attention :
Ce n'est pas le cas des absences pour maladie simple,
accident de trajet ou grève. La convention collective peut toutefois être plus
favorable, notamment en ce qui concerne la maladie.
Il existe 2
cas légaux qui permettent d'obtenir des congés supplémentaires :
- les salariés de moins de 22 ans au 30 avril de l'année en cours et ne
cumulant pas 30 jours de congés peuvent obtenir des jours supplémentaires non
rémunérés pour atteindre 30 jours de repos ;
- les femmes de moins de 22 ans au 30 avril de l’année en cours, et ayant
des enfants à charge (enfant de moins de 16 ans au 30 avril de l'année en
cours et vivant au foyer) bénéficient d’un jour supplémentaire par enfant si
leur congé n'excède pas 6 jours, et 2 jours par enfant s'il excède 6 jours
(les congés sont ici rémunérés).
A noter :
N'hésitez pas à consulter votre convention collective qui peut
prévoir des congés supplémentaires en raison de l’âge ou de
l’ancienneté.
QUAND ET COMMENT PRENDRE SES CONGES ?
Calcul en jours ouvrables
La durée des congés se calcule en jours «
ouvrables », c’est-à-dire tous les jours de la semaine à l’exception du dimanche
et des jours fériés chômés. Cela comprend donc le samedi, même si le salarié ne
travaille pas habituellement ce jour-là.
Le décompte débute le premier
jour où le salarié aurait du reprendre le travail, et se termine le dernier jour
ouvrable précédant la reprise du travail.
Exemple : un salarié
travaille du lundi au vendredi. Il part en congé le vendredi soir, pour une
semaine, et reprend le lundi suivant.
Le décompte commence le 1er jour où il
aurait du travailler, soit le lundi.
Il prend fin le dernier jour ouvrable
précédant la reprise du travail, soit le samedi.
Ce salarié aura donc pris 6
jours de congés (lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et
samedi).
Attention :
Lorsque le repos hebdomadaire est donné un autre jour que
le dimanche, ce jour de repos est considéré comme jour non ouvrable en
remplacement du dimanche.
L’employeur procèdera au même
décompte pour les salariés à temps partiel.
En pratique, certaines
entreprises calculent les congés en jours « ouvrés », c’est-à-dire en jours
effectivement travaillés. Ce mode de calcul est admis par les juges, à condition
qu’il ne soit pas défavorable aux salariés.
Comment sont fixées les dates des congés ?
Le salarié peut prendre
ses congés dès l’instant où il remplit les conditions citées ci-dessus.
Toutefois, une période de congés est fixée :
- soit par la convention ou l’accord collectif
- soit par l’employeur, en fonction des usages et après consultation des
représentants du personnel.
Les salariés doivent être informés des
dates de cette période au moins 2 mois avant.
Dans tous les cas, elle
doit comprendre la période allant du 1er mai au 31 octobre de chaque année.
L’employeur fixera lui-même l’ordre des départs des salariés, après
consultation des délégués du personnel.
Les dates des congés devront
prendre en compte :
- l’ancienneté du salarié
- son activité éventuelle chez un autre employeur
- sa situation familiale (et notamment les possibilités de congé du
conjoint).
A noter :
Les conjoints travaillant dans une même entreprise ont droit à
un congé simultané.
L’ordre des départs devra être affiché
dans l’entreprise, et communiqué à chaque salarié au moins un mois à
l’avance.
Attention :
Le salarié doit impérativement respecter ces dates, au
risque de commettre une faute grave.
L’employeur peut également
décider de fermer l’entreprise durant les congés légaux. Les salariés n’ayant
pas acquis suffisamment de jours de congés pour couvrir cette période de
fermeture pourront prétendre à des allocations de chômage partiel.
Si la
fermeture dépasse la durée des congés légaux, l’employeur devra verser à chaque
salarié une indemnité qui ne peut pas être inférieure à l’indemnité de congés
payés, pour chaque jour supplémentaire.
A noter :
Si le salarié souhaite prendre des congés de manière
anticipée, c’est-à-dire avant la période légale, il devra obtenir l’accord de
son employeur.
L’employeur peut-il au dernier moment modifier les dates de congés
?
Une fois qu’il aura fixé les dates des congés à l’intérieur de la
périodede référence, il ne pourra pas les modifier moins d’un mois avant le
départ, sauf avec l’accord du salarié ou en cas de circonstances
exceptionnelles.
En l’absence de circonstance exceptionnelle, le salarié
pourra partir aux dates initialement fixées sans commettre de faute.
Le salarié peut-il fractionner ses congés ?
Il existe quelques
règles complexes qui déterminent la répartition des congés.
Chaque
salarié doit bénéficier d’un congé principal de 12 jours ouvrables consécutifs.
S’il n’a pas au total ces 12 jours, il devra prendre son congé en une seule
fois.
Dans tous les cas, le salarié ne peut pas prendre plus de 24 jours
consécutifs. La 5e semaine devra être prise à part.
Exception :
Le salarié justifiant de contraintes géographiques
particulières peut prendre un congé d’une durée supérieure à 24 jours
ouvrables.
Sauf accord du salarié, le congé principal devra
normalement être pris durant la période légale (du 1er mai au 31
octobre).
S’il lui reste des jours et qu’il sont pris en dehors de cette
période, le salarié pourra obtenir des jours de congés supplémentaires :
- s’il prend 6 jours en dehors de la période légale, il bénéficie de 2 jours
supplémentaires de congés ;
- s’il prend entre 3 et 5 jours en dehors de la période légale, il bénéficie
d’un jour supplémentaire de congés.
Attention :
La convention collective peut parfois supprimer ces jours
supplémentaires.
COMMENT SERONT REMUNERES LES CONGES PAYES ?
L’employeur
doit verser une indemnité de congés payés, qui a le caractère de salaire et qui
est donc soumise à cotisations sociales.
Il existe 2 formules pour
calculer son montant, sachant que l'on retient la plus avantageuse pour le
salarié :
- La méthode du 10e : par cette règle, l'indemnité pour 30 jours de congés
est égale au dixième de la rémunération totale perçue au cours de l'année de
référence écoulée (c’est-à-dire, en général, les salaires cumulés du 1e juin
au 31 mai).
Elle doit être réduite ou augmentée
proportionnellement au nombre de jours pris.
- La méthode du maintien du salaire : l'indemnité est ici égale à la
rémunération que le salarié aurait perçue s’il avait travaillé.
Dans les deux cas, on retient comme rémunération le salaire de
base mais aussi toutes les primes accessoires (primes d'astreinte, d'ancienneté,
de résultat, d'assiduité, etc.).
Exceptions :
- Il faut toutefois les écarter lorsque le montant de ces primes n'est pas
diminué du fait de la prise de congés payés.
- De même, les remboursements de frais (prime de panier, indemnités
kilométriques, prime de salissure...) et les primes exceptionnelles doivent
être écartées de ce calcul.
Exemple : un salarié a
perçu une rémunération annuelle de 18 000 € (1500 € par mois). Il prend 11 jours
de congés payés en juillet.
Méthode du 10ème :
18 000 € ´ 10 %
= 1800 €
1800 ´ 11/30 = 660 €
Méthode du maintien du salaire :
1500 ´ 11/26 (nombre de jours ouvrables en juillet) = 634,62 €
La
formule du 10ème est plus avantageuse, c’est donc celle-ci qu’il convient de
retenir.
QUE SE PASSE-T-IL...
Si le salarié tombe malade pendant ses congés ?
Le salarié ne peut
alors ni reporter ses congés, ni demander à les prendre plus tard car il est
censé être en congés durant toute cette période. De même, il ne peut pas exiger
le versement d’une indemnité conventionnelle de maladie.
Par contre, il
est possible de cumuler les indemnités de congés payés avec les indemnités
journalières de sécurité sociale pendant l’arrêt maladie.
Si le salarié tombe malade avant de prendre ses congés ?
Le salarié
est présumé être en maladie pendant tout l’arrêt. Il pourra donc repousser ses
congés s’il reprend le travail avant la fin de la période fixée pour les congés
payés.
Si l’arrêt maladie prend fin après la période de congés, le
salarié perd son droit à congés.
En cas de rupture du contrat de travail avant que le salarié ait pris tous
ses congés ?
L'employeur doit verser une indemnité compensatrice,
égale à celle qui aurait été payée pendant les congés payés.
Si le
salarié effectue un préavis, celui-ci sera pris en compte dans le calcul de
l'indemnité.
La prise des congés payés pendant le préavis suspend
celui-ci, qui sera par conséquent retardé d’autant.
Attention :
Le salarié licencié pour faute lourde perd son droit à
l’indemnité compensatrice de congés payés.
Si un jour férié tombe pendant les congés ?
Lorsqu’un jour férié
tombe pendant les congés payés du salarié, il diminue le nombre de jours
pris.
Lorsque le jour férié tombe un dimanche, il n’a aucune incidence
sur le décompte des congés payés.
En revanche, si le jour férié est
travaillé dans l’entreprise, il est considéré comme jour ouvrable et sera donc
décompté comme jour de congé.
Si le salarié exerce une autre activité
professionnelle pendant ses congés payés ?
Il est interdit d’exercer une
autre activité salariée pendant ses congés payés. Une violation de cette règle
peut constituer une faute grave, et justifier un licenciement sans indemnité ni
préavis.
L’Assedic est fondée à agir en dommages et intérêts devant le
tribunal d’instance. Leur montant sera au moins égal à l’indemnité de congés
payés perçue par le salarié.
Exceptions :
- Il existe une dérogation : les « contrats vendanges ».
- Les salariés à temps partiel ne sont pas tenus de prendre leurs congés
simultanément chez leurs différents employeurs. Ils peuvent donc travailler
chez l’un, alors qu’ils sont en congés chez l’autre.
Attention :
L’employeur qui embauche un salarié alors que celui-ci est
en congés annuels s’expose au versement de dommages et intérêts.
Si le salarié n’a pas pris tous les congés qu’il avait acquis ?
Les
congés payés doivent en principe être pris pendant la période de prise des
congés. A défaut, ils sont perdus.
La loi interdit le cumul entre un
salaire et une indemnité de congés payés. Par conséquent, même si c’est
l’employeur qui l’en empêche, le salarié ne pourra percevoir aucune indemnité
pour les congés non-pris.
Il peut en revanche prétendre au paiement de
dommages et intérêts, s’il démontre que son employeur l’a mis dans
l’impossibilité de prendre ses congés.
Exception
La salariée de retour de congé de maternité a droit à ses
congés payés, et ce même si la période de prise des congés dans l'entreprise est
expirée.
Mise à jour : avril 2006